Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 14:53


Un mois et demi après mon arrivée, hier, j’ai fait mon sac. 
Et je suis parti… pour m’installer dans la maison voisine.

George possède plusieurs logements dans les environs, et préfère désormais les laisser à ses wwoofeurs.

Me voilà donc dans la « Gate House », petite maison à l’entrée de la propriété, que je partage avec Aneth.
 
Aneth, une blonde pulpeuse de 22 ans… Hum…
Non, je plaisante, elle a 63 ans.
Mais elle est très gentille, quand même.
Et puis elle est cuisinière. Alors, hein.
 
Sonia et Rebecca occupent une autre maison, un peu plus loin.
 
Toujours est-il que même si cela nous offre davantage d’autonomie et de liberté, la superficie n’est pas la même… C’est fort regrettable car j’ai besoin de beaucoup d’espace pour étaler chaussettes et tee-shirts. Je vais devoir m’adapter.
 
A notre arrivée, la maison était vide, George nous a demandé de faire une liste de ce qu’on voulait, et une semaine plus tard, tout était livré et installé : lits, frigo, télé, assiettes, verres, bols, casseroles, couverts, micro-ondes, grille pain, canapé… Le tout, neuf, s’il vous plaît. Et en bonus, un peintre est venu refaire les murs et les plafonds.
 
Par contre, et c’est très triste, nous n’avons pas d’accès à internet. Il me faut donc venir l’utiliser dans la maison principale, mais ça ne sera pas toujours évident.
 
Voili voilu.
 
A part ça, je me remets doucement au travail après cette semaine de « vacances en famille ». 

Et les cochons grossissent, grossissent.

gatehouse.jpg

Par Alex
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /Nov /2007 22:57
Aujourd’hui, la grève s’est achevée. 
La « délégation spéciale » a repris l’avion, et me voilà de retour, à Mearescourt House. 

Avec dans le cœur, un ruban. 
Ruban vert et bleu, entre émeraude et océan. 
Ruban d’une semaine, ruban trop vite déroulé. Ruban trop court.
Ruban plaisirs, ruban sourires.
Ruban souvenirs.

Joli ruban que l’on aimerait rembobiner, pour lui laisser une chance.
Celle qu’il tombe à pic, encore, et qu’il s’étale une fois de plus.
Qu’il nous offre une nouvelle danse, du vert et du bleu, du plaisir et des sourires. 
Un bis.
Mais non. Retour à l’anglais, aux cochons, aux dindes et à ma brouette.
Retour à nos moutons.

Et je dois vous avouer que ça n’est pas facile. Mais c’est normal. Hein ? 


Notre maison 

 
   IMG-8349.jpg
Le Connor Pass

 

Slea Head, Péninsule de Dingle 

 
Brandon port

 
Brandon point

 
Au hasard du Kerry 

 
Par Alex
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Samedi 27 octobre 2007 6 27 /10 /Oct /2007 22:11

 

Copie-de-Alex-1.JPG


Toute une semaine sans un mot par ici.

Aussi pourriez-vous penser que, par là, j’ai beaucoup à vous dire.
Vous vous trompez, car l’inspiration m’a quitté. Peut-être pour d’autres contrées.
 
Mais il faut tout de même que je vous raconte un truc, juste un.
Pas des moindres.
 
Vendredi, le ciel était plutôt du genre arroseur, le travail en était d’autant plus pénible et cela m’avait profondément épuisé. Entre une dinde qui me chie dessus, un régiment d’orties qui me déclare la guerre, et un problème hydro-trempo-technique avec le kärcher, je ne vous cache pas que j’aspirais sérieusement à la fin de ma journée.
 
Et pour mon plus grand bonheur, il fût décidé de ranger râteaux et brouette trente minutes avant l’horaire prévu. 

Mon œil pétillait de joie.

Je décidais même de saluer mes deux porcelets au passage, pour partager avec eux mon plaisir. 

Mais entre les cochons et la porte d’entrée, voilà Neil.
Neil, l’irlandais. Un brave type, qui le serait d’ailleurs plus encore sans cet accent terrifiant, qui lui donne un langage à mi-chemin entre le russe, le ch’ti, l’hébreux et le gaélique.
 
Mais ce jour là, Neil avait besoin de mon aide. Et avant même que je ne m’en rende compte, mon extrême bonté naturelle venait de lui répondre « Yes, no problem ».
En toute inconscience.

Mon oeil a subitement cessé de pétiller de joie.
Et pour cause… J’ai soulevé des sacs de 35kg de ciment pendant une heure.
 
Ne souriez pas. Merci.
 
Toujours est-il que je ne manque pas de lire quotidiennement les nouvelles françaises sur internet. Et ce soir là, j’ai appris qu’un CGTiste venait d’annoncer fièrement « De toutes façons, c’est la rue qui choisira. On a fait plier tous les gouvernements, c’est pas maintenant que ça va changer ! ».
 
En temps normal, cette boutade m’aurait révolté, mais après la journée que je venais de passer, ce fût le contraire. Elle réveilla même en moi des pulsions syndicalistes jusqu’alors enfouies. Et j’ai pensé à la grève.
 
Ainsi, Lundi, je ne travaillerai pas.
Mardi non plus d’ailleurs.
Ni même Mercredi.
Jeudi encore moins.   
Vendredi du même genre.
Samedi n’en parlons pas.
Dimanche, c’est le jour du Seigneur.
 
Et le mouvement sera certainement reconduit quelques temps encore.
Parce que, hein, y’en a marre.
 
Mais quand y’en a marre, y’a Malabar.
Et, comme vous le savez, la paresse n’est pas dans ma nature…
Une autre raison explique donc cette semaine sabbatique.
 
En fait, figurez-vous que le 3 novembre, il y a 20 ans, je suis né.
Mais vraiment, fêter cela avec les animaux de la basse-cour en guise d’invités, aussi sympathiques soient-ils, ça ne me tentait pas trop…
 
La France a donc envoyé une délégation spéciale pour l’occasion, composée de ceux et celles qui me connaissent le mieux et que j’aime le plus.
 
Nous avons loué une maison à Dingle, dans le sud-ouest de l’Irlande, pour une semaine.
 
Je suis content. Et c'est certainement pour cela que je vous offre cette photo, du si talentueux jardinier que je suis...
 
Par Alex
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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /Oct /2007 21:17


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Bien avant l’heure, aujourd’hui a un air de Noël. 
Cette saveur de guirlande qui se faufile dans le paysage et se planque dans votre moral.
 
Sympa le sapin.
 
Par ma toute grande fenêtre, le ciel aquarelle me murmure que l’hiver approche. Dehors, l’air est doux. Quelques feuilles retardataires tourbillonnent pour mieux s’oublier dans la fraîcheur de cette soirée irlandaise.
 
Aux premières loges pour assister à ce spectacle, le moineau amoureux a quitté sa branche pour s’installer à l’abri de mon volet. 
Il gonfle ses plumes, mais frissonne quand même.
A quoi pense-t-il ? Je ne sais pas. Peut-être se demande-t-il qui est cet indiscret qui le guette à travers le carreau. Ou alors souffle-t-il de ce temps de décembre, trop tôt arrivé…
 
En tous cas, l’oiseau ne chante pas.
 
Moi non plus d’ailleurs.
 
Je regarde cet avion faire silencieusement la cour aux nuages roses.
Et mes songes s’évadent vers ceux qui me manquent.
 
Il est des soirs où même les cerfs se taisent, pour écouter le silence de cet endroit et sa mélancolie d’automne.
 
Mais demain, ce sera mieux.

Par Alex
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Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /Oct /2007 22:02

 

Cette note sera brève. Et ce pour deux raisons.
 
La première c’est que n’ayant rien de particulier à vous raconter, je vais me laisser aller au baratin. Mais le baratin, ça va un peu. Pas trop.
 
La seconde c’est que j’ai l’intention de vous écrire ici ce que je compte faire dans quelques instants. Et que quelques instants, c’est court.
 
Le point final semble donc déjà en route. Pour notre plus grand bonheur, d’ailleurs.
Admettons que son avion n’ait pas de retard, et que vous aillez la gentillesse de l’attendre à l’aéroport avec une jolie pancarte « Point final » pour être sur de ne pas le laisser filer… Votre lecture devrait s’achever d’ici… trois bonnes heures. Décalage horaire compris.
 
Mais cette note sera brève.
 
Car ce que je compte faire dans quelques instants, c’est simplement prendre un bain.
Qu’on se le dise, rien de bien passionnant, donc.
 
Toujours est-il que ça ne sera pas un bain comme les autres.
Et pour cause, ma baignoire a une caractéristique d’exception ; elle est assez grande pour que je puisse m’y allonger sans plier les jambes. Cela méritait bien quelques lignes.
 
Imaginez plutôt la scène, la somptuosité de cet homme étendu dans une baignoire, au coeur de l’île d’émeraude... Et le soleil qui se couche sur l’horizon… Et la grâce de mon corps, nu, musclé, moite d’une sueur que seuls les travailleurs virils et courageux transpirent…
 
Hum.
 
L’histoire serait belle... Mais il y a un hic.
Figurez-vous que pour remplir ma baignoire de 500 litres, j’ai à ma disposition non pas un, mais deux robinets. Les seniors doivent voir de quoi je parle…
Du premier, prénommé « Cold », coule de l’eau chaude. Oui oui.
Du second, prénommé « Hot », coule de l’eau… bouillante. 
 
Et là est la triste conclusion de cette brève note ; les Irlandais n’ont pas inventé l’eau tiède.
 
Je m’en vais tempérer tout cela.
 
Point final.

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Par Alex
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Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /Oct /2007 22:20

 

Ma foi, plutôt bonnes.
 
Le week-end je ne travaille pas. 
Alors je me promène, je dors, j’écris, j’écoute, je cause aux dindes (qui, elles, parlent français)… Et puis le soir, j’attends que les décisions se prennent.

Et samedi, en l’occurrence, la décision fût prise d’aller regarder le match de rugby en buvant une Guiness. Ou l’inverse. Bref, les deux.
 
Ce soir là, deux amis de George, de passage à Mearescourt, étaient avec nous. Et il se trouve que ces messieurs aimaient le rugby. Et la Guiness.
 
Il fallût bien fêter ça.
 
S’en sont donc suivies quelques tournées, puis d’autres, avant les suivantes. 
Aussi faut-il préciser qu’ici, la terre semble absorber la pluie comme les irlandais absorbent la bière. 
Et me voilà donc contraint à… m’irlandiser, juste un peu.
Mais assez pour que je me surprenne à aimer le rugby (et la Guiness… ou l’inverse) et qu’une excitation sans précédent s’empare de moi lorsque la France revint au score.
 
Il fallût bien fêter ça.
 
Et la France gagna finalement. Superbe match, vous en conviendrez.
 
                                              Il fallût bien fêter ça…
 
 
Après cette aventure, un repos dominical fût de mise.
Mais dès le lundi, retour au boulot. Au programme, cueillette des haricots, bêchage de l’un des jardins, taillage d’arbres, ramassage des pommes et désherbage, of course.
Mardi du même genre.
 
Mais aujourd’hui, il y a eu un peu d’animation à Mearescourt House : deux nouveaux invités. Deux p’tits porcelets, tout de rose vêtus, très gentils, le seul souci étant qu’ils ne semblent apprécier ni le rugby, ni la Guiness.
 
J’ai cependant été chargé de les accueillir, de les nourrir et de leur fabriquer un enclos. J’y ai passé ma matinée, mais les cochons semblent satisfaits, c’est le plus important. Et pour cause ; ils se doivent d’être dans un bien-être intérieur profond pour s’engraisser de bonheur. 

Et à Noël, ils rejoignent Piggy.
Au frigo…
Eh oui.


Par Alex
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Bienvenue !

Juste quelques pages, pour vous raconter mon aventure irlandaise. N'hésitez pas à y laisser vos commentaires.

Merci et à très bientôt,
Alex

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